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29/09/2012

LA FRANCE DEFEND LES TERRORISTES SALAFISTES EN SYRIE.

Fabrice Ballanche : à Alep, l’armée a gagné!, par Louis Denghien

 

 

IRIB- Si la bataille pour Alep connaît un tournant, depuis deux ou trois semaines, ...

 

....alors que l’armée progresse, lentement mais méthodiquement, et que les rebelles eux-mêmes reconnaissent qu’ils n’avancent plus, l’entretien que vient d’accorder l’universitaire Français Fabrice Ballanche au Nouvel Observateur marque, lui, peut-être un tournant dans l’exégèse médiatique que suscite cette bataille.

Hier matin encore, l’AFP, recyclant le dernier coup de bluff de l’ASL annonçait le déclenchement hier d’une «offensive décisive» des rebelles sur Alep. Or, pour Ballanche – comme pour nous – ce que les bandes armées ont déclenché hier soir, c’est un «dernier baroud d’honneur« . Et le chercheur de l’Université de Lyon II qui n’a jamais cédé  au géopolitiquement correct en ce qui concerne la Syrie – ce qui a valu d’être cité plusieurs fois sur ce site  -d’expliquer  à ses interlocuteurs (qui, on l’espère, ne sont pas tombés de trop haut) les raisons d’un échec annoncé des «révolutionnaires» à Alep :

1- Les rebelles «ne sont ni assez bien armés ni assez bien organisés pour conquérir la ville» ;

2-Leurs offensives contre les quartiers centraux se sont avérées un échec : Ballanche donne l’exemple du quartier arménien «où la population a utilisé les armes fournies par le régime pour empêcher l’insurrection de s’implanter» ;

3- Face à eux, l’armée syrienne a utilisé une stratégie très claire, et efficace, une stratégie de «contre-insurrection», qui «prend son temps et procède comme suit : identification des zones tenues par les rebelles, encerclement puis expulsion des rebelles, puis passage au quartier suivant« . c’est simple, mais l’état-major syrien y a pensé , et l’a d’ailleurs expliqué à un journaliste de l‘AFP au moins (voir notre article «Comment l’armée est en train de reconquérir Alep», mis en ligne le è septembre 2012). Certes, cette méthode prend du temps mais, dit Ballanche, elle «aboutit, en ce moment, à Alep« .

A partir de là, soit les insurgés sont éliminés, soit ils partent, se sentant menacés. Pour Fabrice Ballanche, la messe est dite à Alep, et ce à quoi se livrent en ce moment les rebelles n’est rien d’autre qu’un «baroud d’honneur».

Ce qu’explique Ballanche aux bobos pro-opposition et pro-sionistes du Nouvel Obs, nous le disons, nous qui ne sommes pas universitaires, depuis le début des bataille d’Alep et de Damas, et n’avons pas varié dans notre diagnostic en dépit des aléas de la lutte et des intox de la presse : la rébellion ne pouvait pas gagner, ni militairement, ni politiquement, ni à Damas ni à Alep.

Mais Fabrice Ballanche est interrogé aussi sur la situation dans le reste du pays. Cette stratégie gagnante à Alep, dit-il, elle s’impose à l’ensemble de la Syrie. Le gouvernement s’est retiré des «zones rouges» tenues  par l’insurrection pour ne conserver que les grandes villes. Et Ballanche dit que des villes comme Hama et Deraa sont globalement calmes mais que leurs environs sont tenus par les rebelles. On pourra là objecter que les rapports quotidiens d’activités, gouvernementaux ou pro-gouvernementaux mais aussi, «en creux», ceux de l’OSDH, montrent que l’armée est présente aussi dans ces campagnes, et frappe ou résiste aux rebelles dans de nombreuses petites villes, comme – pour la région d’Idleb, par exemple – Talbisseh, Harem, Jisr al-Choughour, Ma’arat al-Numan.

L’idéal évidemment, pour le gouvernement, serait de contrôler toutes ses frontières, mais Damas ne tient vraiment, dit Ballanche, que la frontière syro-libanaise, grâce à l’aide de l’armée libanaise – qui a affectivement déployé de renforts sur cette zone – et des milices pro-syriennes libanaises.

Fabrice Ballanche voit un autre impératif pour Bachar et ses amis, l’élimination de l’état-major de l’ASL, un objectif à portée maintenant qu’il est installé (en principe) en Syrie. Nous ne sommes pas aussi certains que lui du caractère décisif de cette destruction, les généraux de l’AS étant sans autorité réelle sur des combattants qui, le plus souvent, les méprisent.

Le dialogue a déjà commencé avec l’autre opposition

Le Nouvel Obs interroge aussi notre spécialiste sur le sort des opposants «pacifistes» après la victoire des troupes de Bachar. Ballanche répond que le pouvoir a besoin de discuter avec les opposants, et il évoque la récente réunion à Damas de la Coordination démocratique de Haytham Manaa, une opposition « admise » parle gouvernement qui, souligne Ballanche, discute avec elle. Or ces opposants « pacifistes« , en tous cas patriotes et raisonnables, «ont vu la menace de la guerre civile, le danger islamiste« , «notamment, à Alep« .

 Tout l’enjeu d’un pouvoir contesté pour sa corruption et son autoritarisme est de convaincre cette opposition pacifique sinon modérée qu’il est le seul rempart à l’islamisme, au chaos et à la partition du pays. Il semble que cette démarche… marche.

Le Nouvel Observateur interroge encore l’universitaire sur l’attitude envisageable de la diplomatie occidentale face à cette évolution militaire et politique en cours. Ballanche, comme son collègue Pichon, croit déceler une évolution récente dans le discours de Fabius. Et d’une manière générale les Occidentaux lui semblent «beaucoup plus sur la réserve quant à une chute rapide de Bachar« . Bien obligés, dirions nous. Restent les pétro-monarques : Ballanche estime qu’ils continueront à financer les rebelles, pour ne pas perdre cette bataille, ou pour tenir le plus longtemps possible en haleine l’axe pro-iranien ; mais ils «ne peuvent les soutenir de manière décisive en leur fournissant du matériel qui puisse venir à bout des avions syriens». Car, conclut-il, ce sont les Américains qui ont les missiles Stinger, si le Qatar a les dollars.

Une fois de plus, Ballanche a presque tout dit, en assez peu de mots. On peut penser que cet entretien va faire son petit chemin dans les rédactions françaises et sur les écrans des «spécialistes» ; il n’entraînera sans doute pas de révisions déchirantes ou de mea culpa spectaculaires chez les plus notoires des désinformateurs, du Monde à Libération en passant par I-Télé ou France 24, mais la désinformation devrait se faire moins triomphaliste, plus «mesurée» qui sait… La roue tourne

ORCHESTRATION D'UN BLASPHEME

« Sous nos yeux »

La tactique du blasphème


La diffusion d’un extrait du film d’insultes anti-islam « L’Innocence des musulmans » a soulevé une vague de colère dans le monde arabe. Pour Thierry Meyssan, les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît car cette diffusion a d’abord été faite en arabe sur YouTube et sur la chaîne salafiste égyptienne Al Nas. Le film n’est pas destiné au public états-unien, ni même au public musulman, mais au seul public arabe. Sa diffusion a été effectuée par ceux-là même qui ont appelé à son interdiction. Qui se cache derrière cette provocation ?

 

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Attaque du consulat US à Benghazi (Libye)

La diffusion sur Internet d’extraits du film L’Innocence des musulmans a suscité des manifestations de colère dans le monde, dont une qui a dégénéré à Benghazi. L’ambassadeur US en Libye et des membres de son escorte ont été tués.

Au premier abord, l’affaire se situe dans une longue lignée qui va des Versets sataniques de Salman Rushdié aux autodafés du Coran par le pasteur Terry Jones. Toutefois cette nouvelle attaque se distingue des autres en ce que le film n’est pas destiné au public occidental, mais a uniquement été conçu comme un instrument de provocation à l’adresse des musulmans.

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LE PEUPLE TRINQUE TANDIS QUE LES INDUSTRIELS...

« L’art de la guerre »

Alcoa s’en va en F-35


Pas d’industrie militaire sans aluminium. Aluminium Company of America (Alcoa), partie intégrante du complexe militaro-industriel US participe à des coups d’Etat dans le monde depuis cinquante ans et ne s’encombre pas des questions sociales en Europe. 

 

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Il en est passé du temps depuis que les ouvriers avaient en face d’eux le maître de forge. Et pourtant ils l’ignorent, les hommes politiques et les syndicalistes qui ne traitent l’affaire Alcoa [1] que comme un conflit du travail, taisant l’identité réelle de la contrepartie. Qu’est-ce que l’Aluminium Company of America ?

Née en 1888 à Pittsburgh, elle est aujourd’hui leader mondial dans l’extraction et la raffinerie de la bauxite et dans la fabrication de l’aluminium et produits dérivés. Les États-Unis ont pourtant peu de bauxite, dont les gisements se concentrent en Amérique du Sud, Afrique, Russie, Chine, Sud-Est asiatique et Australie. Alcoa a ainsi toujours cherché à s’accaparer la matière première, partout et de toutes les façons. Son histoire est de ce fait intriquée à celle de l’impérialisme étasunien. Ce n’est pas un hasard si, après le coup d’État orchestré par la CIA en Indonésie en 1965, avec le massacre de plus d’un million de personnes, ce fut Alcoa qui obtint du dictateur Suharto la plus grosse tranche de la bauxite indonésienne. Ce fut encore Alcoa qui, après le coup d’État organisé par la CIA au Chili en 1973, de nouveau obtint de Pinochet le contrôle de la bauxite nationalisée par Allende. Et ce n’est pas non plus un hasard si le président du Paraguay, l’ancien évêque Fernando Lugo, qui voulait nationaliser les mines de bauxite d’Alcoa, a été destitué en juin dernier par un coup d’État blanc organisé par la CIA.

Le pouvoir d’Alcoa, qui possède plus de 200 sites dans 31 pays sur tous les continents, va bien au-delà de l’activité industrielle. Comme il ressort de la documentation de Wikileaks, il y a derrière Alcoa les plus fortes oligarchies financières étasuniennes, de Citicorp à Goldman Sachs (dont Mario Monti a été consultant international). Il y a le complexe militaro-industriel : Alcoa Defense, dont le chiffre d’affaires est en forte hausse, fabrique des alliages spéciaux d’aluminium pour missiles, drones, blindés, navires et avions de guerre. Pour les chasseurs F-35, il produit des éléments structurels de première importance (dans les ailes et le fuselage, d’un seul tenant, NdT).

C’est dans ce cadre de pouvoirs forts qu’a mûri la décision stratégique d’Alcoa, due à des raisons non seulement économiques mais politico-militaires : celle de réaliser en Arabie Saoudite le plus grand et le plus économique site intégré pour la production d’aluminium. Dans ce maxi site, qui entrera en fonction l’an prochain avec une énergie et une main d’œuvre à bas prix, formée en grande partie par des immigrés, sera aussi transférée la production Alcoa de Portovesme et peut-être de Fusina.

Ainsi se conclut l’opération lancée et perfectionnée par les gouvernements Dini, Prodi et D’Alema [2]. En 1996 l’Italie céda à Alcoa le groupe Alumix, à participation publique, base de l’industrie nationale de l’aluminium : en outre elle fournît par l’intermédiaire de l’Enel de l’énergie électrique à des prix fortement réduits. Cette facilité, concédée aussi par des remboursements des gouvernements successifs (Amato, Prodi et Berlusconi), a été payée par les utilisateurs italiens avec un alourdissement des factures pour des milliards d’euros, qui ont fini dans les caisses d’Alcoa. Le citron étant pressé, Alcoa s’en va. Laissant derrière elle non seulement des travailleurs sur le carreau, mais des dégâts environnementaux et sanitaires provoqués par des émissions chimiques et des déchets industriels, qui requièrent d’autres débours d’argent public.

Mais tout n’est quand même pas perdu : l’aluminium Alcoa reviendra en Italie. À l’intérieur des F-35, qui nous coûteront d’autres milliards d’euros.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 21 septembre 2012

 

Traduction
Marie-Ange Patrizio

source : http://www.voltairenet.org/Alcoa-s-en-va-en-F-35

 
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