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12/01/2013

LA FRANCE TOUJOURS AUSSI IMPERIALISTE

Géostratégie  →  Impérialisme français

 
18.07.2012, 21:19, heure de Moscou
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Photo : EPA

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Résolument François Hollande a l’étoffe d’un néo-impérialiste. Je ne sais au nom de quels phantasmes bizarroïdes il s’engage sur la pente glissante du rôle du leader charismatique de la nation française. Mais cela crève les yeux par son évidence et je ne peux me taire. Après le petit bourreau aux talons Louis XIV qui a joliment contribué à l’empalement du chef de l’Etat libyen, François Hollande passe outre la souveraineté nationale et plaide la cause du droit d’ingérence. Décidément il se croit tout permis y compris les raids aériens en territoire ennemi et la guerre subversive en Afrique du Nord. Alain Chouet, l’un des anciens chefs du renseignement français, a ouvertement déclaré sur nos ondes que l’Etat-major américain a instrumentalisé les révolutions de couleur. Comme, en vertu du crime commis par Nicolas Sarkozy, la France est devenu un allié militaire des Etats-Unis, au sein de l’OTAN, elle doit en partager la responsabilité. On peut dire que l’aventure libyenne aussi bien que l’ingérence dans les affaires de Damas sent le n »o-impérialisme à plein nez. Le pétrole pue et le mensonge aussi. Mais cette odeur pestilentielle n’empêche pas le chef des Armées de nous décrire avec toute sa superbe les simples joies d’une guerre coloniale.

Donnons-lui la parole :

« (…) le régime syrien n’a d’autre stratégie qu’une escalade dans les massacres. Ce régime pense, comme d’autres avant lui, que c’est l’effroi qui dissuadera le peuple de revendiquer sa liberté alors que c’est la violence qui conduit de nombreux Syriens à rejoindre chaque jour l’opposition. Mais c’est ce déchaînement qui peut conduire à la guerre civile et c’est la raison pour laquelle nous devons arrêter ce processus. C’est une nécessité humaine et politique.

Nous le devons au peuple syrien, nous le devons aussi aux voisins de la Syrie, qui subissent la crise et craignent à juste raison pour leur avenir. Nous le devons aussi pour les principes qui nous guident pour l’avenir de notre planète. La sécurité et la stabilité de la région menacent la paix dans le monde ».

Et encore plus loin : « Je veux m’adresser à ceux qui ne sont pas là, à ceux qui nous reprochent de nous ingérer dans les affaires intérieures d’un État. Je veux leur dire qu’au moment où nous en sommes de la crise syrienne, il n’est plus contestable que cette crise est devenue une menace pour la paix et la sécurité internationales. Il faut donc en tirer les conséquences ».

Malbrouch s’en va-t-en guerre ! Une chose que François II a omis de dire : tout d’abord comme se plaisait à répéter le général Ivan de Saint-Germain : « Il ne faut pas trop monter sur ses grands chevaux ! » La France n’a pas les moyens d’endosser le chèque libyen et je ne parle pas que de l’argent. A chaque fois que vous regardez fixement le précipice, lui aussi, il vous regarde. A chaque action coercitive la France hérite inexorablement des problèmes du pays réprimé. Les Libyens ont déferlé en Europe et la France a restauré le service des garde-frontières avec l’Italie. Les coups de feu de Merah ont retenti après l’ingérence française dans les affaires de Tripoli et- signe menaçant ! – les Français d’origine nord-africaine et les Musulmans français au sens large du terme sont partagés. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Et ils peuvent très bien épouser une autre cause que celle de François Hollande. En plus la France est au bord du précipice financier. Sa voisine immédiate, l’Italie, a vu sa cotation rabaissée par Meryll Linch jusqu’au niveau du Kazakhstan.

Mais François Hollande ne se contente pas de prôner la guerre impérialiste. Il se croit investi d’une mission au nom de l’avenir de la planète Terre. Une fibre messianique qui colle mal avec le physique d’un chef-comptable. Il s’octroie le droit d’établir la paix pour la sécurité de la planète/ Il y a 60 ans de cela les chefs extrémistes de l’Italie et de l’Allemagne croyaient dur comme fer qu’ils avaient le droit de raser l’URSS pour se débarasser de la peste rouge. Certains chefs français – ceux qui ont créé la division SS « Charlemagne » et ont organisé la rafle du Vél d’Hiv y croyaient aussi. A chaque fois qu’un être ordinaire se donne le droit de s’immiscer des affaires d’autrui au nom d’une cause supranationale, il y a des crimes tout à fait abominables. L’inquisition, elle aussi, croyait qu’elle défendait les pats catholiques contre l’hérésie au nom du Christ. Et les brasiers brûlèrent.

Pour moi les paroles de François Hollande riment à ceux d’un criminel de guerre. Personne ne lui a conféré le droit d’attaquer les Syriens. Mais en fait, il hérite de la tradition impérialiste du début vingtième. Lorsque les pays de l’Entente cordiale à savoir la France et l’Angleterre ont attaqué la Russie à la fin de la première Guerre Mondiale, eux aussi ils péroraient sur les droits de l’Homme mais ils avaient le pétrole azéri derrière la tête.

François Hollande ne respecte pas le choix démocratique du peuple syrien qui lors des dernières élections à plus de 70 p.c. s’est prononcé pour Bachar al-Assad. Mais le Président français est un visionnaire. Il veut laisser parler les canons au nom des droits de l’homme. En plus, il ment. Il dit :

« Kofi Annan a pris l’initiative d’organiser une réunion importante à Genève le 30 juin dernier. Son résultat n’est pas entièrement satisfaisant mais il constitue un pas dans la bonne direction, ce pas vers un engagement sincère de tous les participants à soutenir le principe d’une transition politique et les moyens d’y parvenir, y compris en prenant des mesures fortes au Conseil de sécurité ».

Seulement François II a vite fait d’oublier que le plan Koffi Annan repose sur l’initiative du ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov ce que Thierry Meyssan, grand bien lui en fasse ! – a déjà fait valoir. Et le groupe de travail de Genève s’est réuni également sur l’initiative de Moscou. Seulement Moscou est un sujet tabou pour l’élite française. La Russie c’est un peu la Syrie ou l’Iran mais un peu plus gros. Dommage que l’on ne puisse pas s’ingérer des affaires intérieures russes.

Entre Poutine et Hollande il y a une différence qui rend Poutine beaucoup plus proche des pays en voie de développement et des leaders du type Chavez. La Russie garde une mémoire génétique de son parcours où les pays dits développés ont essayé à plusieurs reprises de la démanteler pour avoir jouissance de son territoire et de ses matières premières. La Russie a toujours demandé le droit de se gouverner souverainement. Elle réclame le même droit pour tous les autres peuples en voie de développement – Iranien, Algérien, Touaregs, Syrien ou Libyen. La France, pour sa part, a rallié les bannières des envahisseurs – ceux qui font feu sur la côte yougoslave, couvre les étripeurs bosniaques qui bradent les organes serbes, commanditent les massacres de Houla et Srebrenica. Derrière tout ça il y a un intérêt économique qui est parfaitement évident et parfois les relents d’une vendetta. Mais la vérité perce à travers les barreaux.

J’espère que les générations à venir garderont une autre image de la France que celle de François II, roi de l’ingérence impérialiste.

source : http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/67041912/82044960.html

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